Ornellamonange

témoignage du 18 octobre 2006

Après midi mouvementé... fallait s'en douter!
 
Même trajet, même parking, et nous voilà, ma maman et moi devant cet immense bâtiment, cet hôpital où il y a 4 ans s'en allait pour tjs ma petite chérie.
Nous voilà devant l'entrée, et là, je lève les yeux pour regarder les fenêtre de la salle d'attente du service Réa où nous attendions avec impatience des bonnes nouvelles, qui ne sont jamais arrivées.
Je rentre, et me voilà dans le hall toute tremblante et remplie de de frissons.
 
Nous cherchons le hall de conférence où se trouvent l'association Audrey, des médecins, des élèves infirmiers et futurs médecins. Enfin trouvé.
On signe le registre comme quoi nous sommes bien attendues. On trouve une place, on s'assoit, et la conférence d'information commence.
 
Aux premiers mots de présentation des médecins, une haine m'envahit. La haine d'une maman qui a perdu son enfant sans doute? Ou peut être la haine d'une maman qui ne s'y est pas pris plus tôt face à la méningite qui a emporté sa fille? J'en sais rien en fait...
 
Plus le professeur qui a suivi Ornella continue son discours, plus je trouve que ses mots sont justes. A t'il changé en 4 ans? Ou peut être bien que beaucoup de choses ont changé depuis? Je ne sais toujours pas.  
La conférence se poursuit, des photos, des tableaux, des stats.... Sur un des tableaux, on voit que le pic le plus important d'invasions à méningocoques ces dernières années est fixé en 2002!!! Tu m'étonnes! Et puis on pense que Ornella fait parti des « cas de méningite à méningocoque » de cette année ci. C'est dur, très dur...
 
La conférence se termine, puis viennent les questions des élèves (Pas ceux qui dormaient pendant les exposés, non non, ceux qui étaient intéressés sans avoir été une fois concerné encore!) Et dire que notre santé va dépendre d'eux un jour... on devrait peut être se faire du soucis?! Et puis le témoignage d'une maman qui a eu plus de chance et dont le fils s'en est sorti. Pas comme moi. Pas comme Ornella. Vais je témoigner moi aussi? Oui Non? Mon coeur s'emballe... et finalement ça sera non. Je ne veux pas parler des derniers instants de la vie de ma fille, ni cette mal chance du 4 Octobre 2002, surtout devant une salle à moitié endormie. Et pour dire quoi? Qu'on m'a fait attendre dans une salle pendant près de 45mn avec ma fille qui était quasiment inerte dans mes bras? Dire à ces médecins que Moi je n'oublierais jamais leur visage, leurs paroles, et encore moins le petit corps meurtri de ma fille pendant ces 4 jours d'hospitalisation? Pfff ça ne servirait à rien
Ils m'ont dit qu'elle n'a pas souffert! Moi je sais que oui.
 
Sur ce, nous disons au revoir, et nous voilà prêtes à repartir. C'est dommage car je voulais remonter au servie Réa pédiatrique. Ça peut paraître sado maso, mais j'ai besoin d'y retourner. Revoir la salle d'attente où je passais mes journées, la petite table basse qui était devenue Notre table, le téléphone blanc avec lequel nous appelions pour avoir l'autorisation de rentrer voir notre fille... Mais il est tard et il nous faut rentrer. Nous partons de cet immense bâtiment, où il y a 4 ans j'y ai laissé le corps de ma fille, et aujourd'hui j'ai laissé sa mémoire, avec un certain regret de ne pas avoir osé en parler à tous ces « futurs » grands médecins qui pour certains s'étaient endormis en « écoutant »  les informations sur cette foutue merde de maladie qui m'a pris ma fille.
 
Voilà, même si j'en parle moins, que je souris et que j'avance, il y aura toujours enfouie au plus profond de moi même, cette petite partie dans mon cerveau, toute cette tristesse, ces 4 jours d'horreur où la vie a basculé que l'on oubliera jamais, et puis ce vide que tu as laissé ma chérie. Jusqu'au bout de ma vie, j'aurais toujours devant moi tes yeux si magnifiques, ton sourire angélique et cette promesse de te gâter à Noël, ce qui n'a jamais pu arriver.



19/10/2007
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